Quand Corinne Luchaire devint la Comtesse Guy de Voisins-Lavernière
Parmi les thuriféraires de Corinne Luchaire, combien savent qu’elle fut aussi Comtesse Guy de Voisins-Lavernière ?
En effet, ce dernier fut son éphémère — mais non moins important — époux à la fin de l’année 1941.
- Parenthèse pétainocratique: Les héritiers inattendus du couple Pétain
Un mariage qui poussa la presse de la collabosphère de cette époque à en faire des gorges chaudes.
Une particule venait enfin s’ajouter à ce patronyme respecté de la place vichyssoise, avant d’être honni à la Libération.
(© Capture d’écran | Source gallica.bnf.fr / BnF | Qui ? : le magazine de l’énigme et de l’aventure | Date: 5 octobre 1953)
Au sein de la galaxie des actrices collaborationnistes, la trajectoire de son étoile fut horizontale.
Dans l’insouciance de sa vingtaine, elle débuta même une liaison avec le capitaine autrichien Wolrad Gerlach — qui était issu du Schnellkampfgeschwader 10, une unité d’attaque aérienne du Reich.
- Interlude post-napoléonien: Quand l’arrière-arrière-arrière-petite-fille de la Reine Caroline Bonaparte épousait une haute figure de la résistance gaulliste (devenue Garde des Sceaux sous Chirac)
Une aventure qui devint une salissure à l’arrivée des troupes gaulliennes à Paris.
Arrêtée aux côtés de son père — Jean Luchaire — en Italie, elle fut condamnée pour indignité nationale en 1946 par la Haute Cour de justice.
Arbre généalogique: Sans être issu de la très haute noblesse française, Guy de Voisins-Lavernière a le mérite d’être né de deux parents aristocrates: à savoir Marcel de Voisins-Lavernière et Marie Thérèse le François des Courtis de la Groye. Le mariage avec Luchaire s’est déroulé le samedi 27 décembre 1941 en Haute-Savoie, dans la ville de Passy. Il est décédé sept années après sa fugace épouse, en 1957, à l’âge de 53 ans.
Une sentence aux conséquences lourdes pour une figure étrangère du marigot vichysso-politicien.
D’aucuns affirment pourtant que sa collaboration fut suspicieusement licencieuse.

(© Capture d’écran | Source gallica.bnf.fr / BnF | La Presse | Date: 31 janvier 1949)
Et même si elle n’a pas fini traînée dans des charriots de « poules à boches », elle a tout de même reçu l’étiquette infamante de « collabo ».
Une appellation en trois syllabes qui suffisait à transformer un individu lambda en paria.
Ce qui était aussi pénible à porter qu’un bonnet d’âne dans une cour de récréation.
(© Capture d’écran | Source gallica.bnf.fr / BnF | Le Réveil du Nord | Date: 8 février 1942)
Ne dit-on pas d’ailleurs que de la roche tarpéienne au Sénat romain, il n’y a qu’un seul pas ?
Luchaire a trébuché en faisait celui de trop sous l’Occupation germaine du sol de France.
(© Capture d’écran | Source gallica.bnf.fr / BnF | L’Aurore : organe de la résistance républicaine | Date: 17 novembre 1948)
Décédée dans un anonymat relatif, le samedi 11 février 1950, la postérité a davantage retenu ses alcôves collaboratives que son immense talent d’actrice.
En fin de compte, le film « Prison sans barreaux » — réalisé par Léonide Moguy en 1938 — fut prémonitoire à plus d’un titre.

(© Capture d’écran | Source gallica.bnf.fr / BnF | Libération | Dir: Emmanuel d’Astier de la Vigerie] | Date: 19 septembre 1944)
L’héroïne principale qu’elle incarne est en effet une jeune prisonnière qui finit par s’abandonner dans les bras du fiancé de la directrice du centre pénitentiaire.
Une expérience carcérale fictive qui s’est finalement concrétisée dans le réel six années plus tard…
(© Capture d’écran | Source gallica.bnf.fr / BnF | L’Écho de Nancy | Date: 9 février 1942)
Le destin peut occasionnellement se révéler espiègle, et la fiction précède parfois la réalité.
Née dans le très chic XVIème arrondissement de Paris, son père fréquentait avec assiduité les petites sauteries de la rue Lauriston.
(© Capture d’écran | Source gallica.bnf.fr / BnF | La France libre | Date: 6 juillet 1945)
Proche de Henri Chamberlain — dit Lafont — et de l’inspecteur Bonny, cet homme de gauche a — à l’instar d’un Keynes — dénoncé les conséquences néfastes du traité de Versailles, prélude à la reprise des hostilités militaires.
Une prémonition qui s’est révélée relativement exacte, puisqu’il a servi de marche-pied politique à un jeune aquarelliste autrichien dans les années 1920.
(© Capture d’écran | Source gallica.bnf.fr / BnF | La Seine-et-Marne. 2, Vie quotidienne pendant l’Occupation allemande | Auteur: René-Charles Plancke)
En revanche, il s’est par la suite compromis dans la boue de la collaboration en fondant le journal Les Nouveaux Temps, devenant ainsi un influenceur majeur de la pétainocratie.
Fusillé le vendredi 22 février 1946 au Fort de Châtillon, sa fille a traversé la fin de la décennie 40 en étant recouvert des oripeaux de l’indignité.
Pour la postérité, celle-ci publia son autobiographie en 1949, intitulée « Ma drôle de vie ».
(© Capture d’écran | Source gallica.bnf.fr / BnF | Artistica | Date: 14 février 1942)
Elle y relate son âge d’or artistico-vichyssois, ainsi que les mondanités parisiennes de cet intermède historique.
Aucun enfant n’est venu au monde au cours de sa courte union avec le Comte Guy de Voisins-Lavernière.
(© Capture d’écran | Source gallica.bnf.fr / BnF | La France héraldique. VIII. | Auteur: Charles Poplimont [1821 – 1887] )
Seule une fille, Brigitte Luchaire, naquit d’elle le mercredi 10 mai 1944.
Le père de cette dernière n’est autre que le capitaine Gerlach, avec lequel elle se fit photographier dans les locaux du studio Harcourt.



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