Jacques Isorni: "comme un fils" pour Pétain selon Madame la Maréchale
À n’en pas douter le meilleur avocat que Philippe Pétain n’ait jamais eu dans sa vie, Maître Jacques Isorni fut aussi considéré « comme un fils » par ce dernier, aux dires de son épouse — Annie.
Ténor du barreau de la seconde moitié du XXème siècle, il a croisé le fer avec une gaullosphère pas forcément acquise à la cause du vainqueur de Verdun.
- Interlude cinématocratique: Le premier époux aristocratique de l’actrice Corinne Luchaire (qui devint par ailleurs Madame la Comtesse)
Du moins, jusqu’à la mort du Maréchal, en juillet 1951 sur l’Île d’Yeu.
Jusqu’au dernier chapitre de sa vie, en mai 1995, il a traversé un désert d’indifférence généralisée ; comme si son plus illustre client n’était que le fantôme d’un passé honteux relégué aux oubliettes.
Citation extraite de la page 117 du livre de Jacques Isorni, Le condamné de la citadelle, paru en 1982 aux éditions Flammarion.
Partisan d’un transfert de sa sépulture à l’ossuaire de Douaumont, il n’a jamais pu obtenir gain de cause.
Son principal adversaire au sein de pétainosphère — un certain Tixier-Vignancour — a quant à lui tenté un passage en force en février 1973, avant que son « opération commando » ne finisse par une interpellation de son homme de main, le très téméraire Hubert Massol.
- Intermède princier: Le mariage d’une Princesse Murat (descendante de la Reine Caroline Bonaparte) avec un illustre résistant gaulliste
À l’aune de l’année 2026, le cimetière ogien de Port-Joinville reste sa dernière maison.
Un emplacement qui sert depuis plusieurs décennies d’attraction touristique morbide pour les badauds de passage.

Le caudillo Franco a reçu le défenseur du Maréchal dans son palais de Madrid pour témoigner de son amitié envers « le plus vieux prisonnier du monde ». (© Capture d’écran | Source gallica.bnf.fr / BnF | Radar : le tour du monde en 150 images | Date: 18 mars 1951)
Avocat de tous les combats — pour reprendre la formule de Gilles Antonowicz — ses sublimes plaidoiries n’ont pas permis de transformer le traître en sauveur, tout comme on ne peut transformer le plomb en or.
Décédé sans enfants, le héros verdunois a légué à la postérité une descendance spirituelle.
(© Capture d’écran | Source gallica.bnf.fr / BnF | Point de vue : les faits, les idées, les images de la semaine | Directeur Lucien Rachet | Date: 29 avril 1948)
Même si son épouse — née Alphonsine Berthe Eugénie Hardon — fut son légataire universel, avant que le fils unique de celle-ci — Pierre de Hérain — n’hérite à son tour en 1962.
Chose étonnante: c’est une Bernheim-Stern — du nom d’Odette — qui hérita du président vichyssois en 1972, suite au décès de son mari.
(© Capture d’écran | Source gallica.bnf.fr / BnF | L’Alsace illustrée | Date: 1er juin 1950)
Défendue par Isorni en personne, elle n’hésita pas à tenter une oeuvre de réhabilitation de son beau-père par alliance dans les médias de grand chemin.
Une montagne qui accoucha finalement d’une souris…
Les thuriféraires de l’ADMP n’étant jamais parvenus à redorer le blason de la pétainocratie.
(© Capture d’écran | Source gallica.bnf.fr / BnF | Juvénal : pamphlétaire hebdomadaire | Date: 15 mai 1948)
Son nom est aujourd’hui synonyme de traîtrise au sein de l’opinion tricolore.
Charles de Gaulle aurait d’ailleurs affirmé que le « véritable Pétain » était mort en 1925 — avant d’être enterré en 1951 — selon le témoignage de son aide de camp — François Flohic — dans ses Souvenirs d’Outre-Gaulle.



(© Capture d’écran | Source gallica.bnf.fr / BnF | Point de vue | Date: 7 avril 1949)
Sans qu’il ne l’ait jamais su, son génie militaire a été mis en bière le jour où — par vanité — il aurait accepté de prendre la place de Lyautey au Maroc pour mater la rébellion rifaine de l’Émir Abdelkrim al-Khattabi.
(© Capture d’écran | Source gallica.bnf.fr / BnF | Elle : l’hebdomadaire de la femme | Rédacteur en chef: Hélène Gordon-Lazareff | Date: 2 janvier 1950)
Un diagnostic pour le moins sardonique concernant un héros de guerre maréchalisé en 1918 par le Président Raymond Poincaré.


