Pétainocratie: voici les aristocrates de la famille Pétain

Au sein de la famille de l’ex-Maréchal Philippe Pétain, il y a ceux qu’on appelle les « pétainocrates ».

Pour rappel, « kratos » — ou « Κράτος » — est un mot grec qui peut littéralement être traduit par « pouvoir » ou « puissance ».

Et en étudiant les membres de son entourage proche, on constate en effet la présence d’un certain nombre d’individus à particule.

Des noblaillons qui ont jadis servi le pétainisime — parfois avec réussite, très souvent sans résultats tangibles, comme relégués dans les bennes de l’Histoire.Arbre généalogique de la famille de Philippe PétainFils d’Omer-Venant Pétain et de Clotilde Alexandrine Legrand, le jeune Philippe a vu le jour à Cauchy-la-Tour, le jeudi 24 avril 1856.

On pense notamment à Henry du Moulin de Labarthète, qui fut son éminence grise au cours de la période vichyssoise, en qualité de directeur de son cabinet civil jusqu’en avril 1942.

Ce dernier est — vous l’aurez deviné — issu de la famille du Moulin, qui remonte au XVème siècle.

Un haut lignage qui trouve ses racines dans le Sud-Ouest, et plus particulièrement au Tursan et à l’Armagnac.

Ses ancêtres aristocratiques furent loyaux à la famille Bourbon au cours de la Révolution, et optèrent pour la défense de son blason gourdin à la main.

Mes quatre années au pouvoir, 1949

Livre Pétain Île d'Yeu, 1949(© Capture d’écran | Source gallica.bnf.fr / BnF | Point de vue | Date: 21 avril 1949)

Une cause perdue jusqu’en 1815, date de la Restauration de la monarchie avec le retour définitif de Louis XVIII sur le trône.

Ou encore à François Boux de Casson, propriétaire du Château vendéen de la Vérie, et qui a occupé le poste de délégué départemental à l’Information au cours de la présidence vichyste.

Pour l’anecdote, celui-ci fut impliqué en février 1973 dans le fameux coup raté de Tixier-Vignancour — qui consistait à déplacer le cercueil du ci-devant Maréchal à Douaumont, conformément à ses voeux.

Indéniablement, il y a eu une forme d’aristocratie — de nature pétainocratique — sous l’occupation.

Ex-Maréchal Pétain à l'Île d'Yeu, 1999(© Capture d’écran | Source gallica.bnf.fr / BnF | Bulletin / Société d’histoire de Huningue et de sa région ; Musée de Huningue | Date: 1er janvier 1999)

Et bien avant 1940, le Maréchal a pu compter dans son cercle d’amis quelques figures de la haute noblesse tricolore.

On pense notamment à la Marquise Marie-Louise de Chasseloup-Laubat — fille du Baron Louis Antoine Stern — qui a toujours conservé son amitié avec le couple Pétain, même après la condamnation pour indignité nationale du mercredi 15 août 1945.

Mariage Yvonne Pomart, Petyst de Morcourt, 1920(© Capture d’écran | Source gallica.bnf.fr / BnF | Le Beffroi d’Arras | Date: 4 novembre 1920)

Cette dernière a même bénéficié d’une mesure dérogatoire sous Vichy, pour la protéger de l’occupant sur le sol de France.

Ses deux filles — Magdeleine et Yolande — ont d’ailleurs eu pour témoin de mariage le héros verdunois.

Marquis de Chasseloup-Laubat, Marie-Louise Stern(© Capture d’écran | Source gallica.bnf.fr / BnF | Revue illustrée | directeur: F.-G. Dumas | Date: 15 juin 1900)

L’une a épousé un Prince de la famille Murat, quand l’autre s’est entichée d’un Baron, le capitaine de cavalerie Fernand de Seroux.

Le fils unique de Madame Pétain — Pierre de Hérain — a réussi une brillante carrière cinématographique au cours de la parenthèse vichyssoise.

Et bien qu’il s’affichait publiquement avec un patronyme à particule, son véritable nom à l’état civil était « Dehérain ».

En 1947, il épousa à la mairie du XVIème arrondissement une certaine Odette Bernheim-Stern, qui devint son héritière à partir de 1972.

Sa petite-nièce — Yvonne Petyst de Morcourt (née Pomart) — a elle aussi épousé un membre de l’ancienne noblesse du pays en la personne de Robert.

Famille Pétyst de Morcourt, 1901

Famille Chasseloup-Laubat, 1901

Famille Boux de Casson, 1901(© Capture d’écran | Source gallica.bnf.fr / BnF | Annuaire héraldique | Date: Date: 1er janvier 1901)

Visiteuse régulière de l’Île d’Yeu jusqu’en 1951, elle lança dans les années 60 une procédure judiciaire contre le fils unique de Madame la Maréchale — à savoir Pierre — afin de contester le testament de son beau-père rédigé le samedi 21 juillet 1945 au fort de Montrouge.

Une démarche qui échoua, au bénéfice de ce beau-fils par alliance qui fit de son épouse — Odette — son légataire universel.

Défendue par Maître Jacques Isorni, Madame de Hérain tenta de réhabiliter ce beau-père qu’elle rencontra à de multiples reprises au cours de son incarcération ogienne.

La famille de Pétain, Île d'Yeu, mai 1951, avocats(© Capture d’écran | Source gallica.bnf.fr / BnF | Radar : le tour du monde en 150 images | Date: 6 mai 1951)

Une entreprise communicationnelle qui ne donna rien, son nom reste encore aujourd’hui entouré d’un parfum de souffre.

À défaut d’avoir eu des enfants avec son épouse, sa descendance spirituelle est assurée depuis son décès, le lundi 23 juillet 1951 à Port Joinville.

Il est à noter qu’il s’est marié à deux reprises avec la même femme au cours de sa vie.

D’abord civilement, le mardi 14 septembre 1920 à la mairie du VIIème arrondissement de Paris.

Puis religieusement par procuration, le vendredi 7 mars 1941 dans la chapelle de l’archevêché de Paris.

Biographie imagée du Maréchal Pétain, 1951(© Capture d’écran | Source gallica.bnf.fr / BnF | La Dépêche de Constantine : journal politique quotidien | Date: 24 juillet 1951)

En effet, il a fallu attendre le mercredi 30 janvier 1929 pour que la nullité du premier mariage de sa conjointe — en février 1903 avec François de Hérain — soit officiellement reconnue par le tribunal de l’Officialité de Paris.

Le beau-petit-fils par alliance d’Annie Pétain — issu de la première union de sa belle-fille avec Robert Edmé Sylvain Gompertz — repose à ses côtés à la XXIXème division du cimetière parisien du Montparnasse.

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