Quand la future Annie Pétain épousait un jeune artiste à particule, François de Hérain
Avant de se faire appeler Madame la Maréchale, Annie Pétain a vécu — plus jeune — un premier mariage avec un artiste connu (et reconnu).
François de Hérain, puisqu’il s’agit de lui, a en effet épousé l’une des femmes les plus pétainistes du XXème siècle.
- Parenthèse princière: Quand le petit-neveu de Napoléon Ier épousait une princesse géorgienne en présence de Napoléon III
Âgé de 25 ans au moment de cette union, il avait tout du gendre idéal pour Monsieur et Madame Hardon.
Et pourtant, cette alliance s’est abruptement achevée par un divorce — le jeudi 5 mars 1914 — soit quelques mois avant le commencement de la Grande Guerre qui fit du colonel Pétain un Maréchal de France.
Alphonsine Berthe Eugénie Hardon a vu le jour le vendredi 5 octobre 1877 à Courquetaine. Elle est la fille du maire de cette ville. Sur son acte de naissance, on peut lire qu’elle a été adoptée le jeudi 28 février 1902 par une certaine Eugénie Steinmetz, qui était sa marraine. La plupart des biographes maréchalistes la surnomment « Annie ».
La première rencontre entre le héros verdunois et « Nini » — surnom intime donné à Mme Pétain — s’est déroulée en 1881 à Menton, sur la Côte d’Azur.
Lui avait 25 ans et occupait alors le grade de sous-lieutenant, quand elle en avait 5.
- Intermède aristocratique: Quand la mère de Gogo Schiaparelli devint Comtesse suite à son mariage avec un certain William de Wendt de Kerlor
C’est lui qui, alors qu’elle était adolescente, l’a initiée au tir à la carabine dans les allées du parc du château familial à Courquetaine, en Seine-et-Marne.
Lorsque le père — Alphonse Hardon — décéda le mercredi 24 août 1898, la fortune du foyer fonda comme neige au soleil.


(© Capture d’écran | Source gallica.bnf.fr / BnF | Progrès dimanche | Date: 11 septembre 1949)
Ce déclassement financier conduisit la famille Hardon à vendre le château.
Nécessitant faisant loi, et afin de faire subsister la maisonnée, la belle-mère s’était même mise à donner des leçons de piano.



(© Capture d’écran | Source gallica.bnf.fr / BnF | La propagande sous Vichy, 1940-1944 | Auteurs: Laurent Gervereau et Denis Peschanski)
Une période de vache maigre qui n’a pas empêché le commandant Pétain de leur rendre régulièrement visite.
En 1901, alors que « Nini » était âgée de 24 ans, il se rendit au domicile familial de la rue Cambon avec son uniforme de commandant bien coupé pour faire sa demande en mariage.


(© Capture d’écran | Source gallica.bnf.fr / BnF | Pétain, 1856-1951 | Auteur: Georges Blond [1906 – 1989] )
À 45 ans, sa carrière restait prometteuse, il pouvait donc constituer un parti plus qu’intéressant pour cette demoiselle de la haute société francilienne.
Hélas, et en l’absence de la principale intéressée, la mère et la grand-mère opposèrent leur veto à cette union, estimant — probablement à raison — qu’elle pouvait mériter bien mieux à cette époque.
(© Capture d’écran | Source gallica.bnf.fr / BnF | Le Journal des étrangers | Date: 15 avril 1928)
Et ce « mieux » a eu pour nom François de Hérain, fils de Pierre-Paul Dehérain, qui passa à la postérité pour l’ensemble de son oeuvre artistique.
La cérémonie eût lieu à Paris, le jeudi 19 février 1903.

(© Capture d’écran | Source gallica.bnf.fr / BnF | Le tourment et la fatalité | Auteur: Raymond Tournoux [1914 – 1984] )
Hélas, cette union ne fut pas éternelle puisque le divorce intervint une petite décennie plus tard.
Un fils — un certain Pierre de Hérain — naquit le dimanche 24 juillet 1904, à Avilly-Saint-Léonard.
Le mardi 14 septembre 1920, ce dernier devint le beau-fils par alliance d’un Pétain auréolé deux ans plus tôt du titre honorifique de Maréchal par le Président Poincaré.
(© Capture d’écran | Source gallica.bnf.fr / BnF | Études : revue fondée en 1856 par des Pères de la Compagnie de Jésus)
Au décès de sa mère, le mardi 30 janvier 1962, il devint son légataire universel.
Héritant ainsi de ce beau-père à l’image controversée.
Marié à une certaine Odette Bernheim-Stern, celle-ci devint à son tour l’héritière du vainqueur de Verdun en septembre 1972.
Les trois — à savoir Annie, Pierre et Odette — sont enterrés à la XXIXème division du cimetière parisien du Montparnasse, accompagnés du fils unique de cette dernière — Philippe Gompertz — issu d’un premier mariage dans les années 1920.


