Philippe et Annie Pétain: un "drôle de ménage" selon le maton Joseph Simon
21 ans: c’est l’écart d’âge entre le héros de Verdun et son épouse, Annie Pétain.
Deux décennies séparent ce couple qui s’est marié civilement en septembre 1920, à la mairie du VIIème arrondissement de Paris.
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Et pourtant, ce « décalage horaire » ne les a pas empêchés de se rendre inséparables.
C’est en 1882 que le jeune sous-lieutenant Pétain rencontra pour la première fois la future « Madame la Maréchale ».



(© Capture d’écran | Source gallica.bnf.fr / BnF | Globe | Rédacteur en chef Jean Bressy | Date: 8 août 1945)
Visiteur régulier du château familial de Courquetaine, en Seine-et-Marne, il devint presque un intime du foyer Hardon.
Il a vu grandir celle qui devint en 40 la « Première (et dernière) Dame de Vichy » — l’initiant même au tir à la carabine dans les allées du domaine.
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Hélas, lorsqu’il demanda sa main en 1901, il reçut un veto maternel.
Une désillusion profonde pour ce commandant alors âgé de 45 ans, quand elle en avait 24.


Rare cliché d’Annie Pétain jeune. Pris au moment de ses fiançailles parisiennes. (© Capture d’écran | Source gallica.bnf.fr / BnF | Le Journal | Date: 15 septembre 1920)
Pour se consoler, il se réfugia dans le stupre, allant de conquête en conquête sans jamais plus envisager le mariage.
De son côté, celle qui se faisait appeler « Nini » épousa un certain François de Hérain, qui devint un artiste majeur de la première moitié du XXème siècle.
Madame Pétain — née Alphonsine Berthe, Eugénie Hardon — était en bon rapport avec Madame Laval — née Jeanne Claussat. (© Capture d’écran | Source gallica.bnf.fr / BnF | L’Aurore : organe de la résistance républicaine | Date: 8 août 1945)
Une union qui permit la venue au monde d’un fils unique, Pierre, en juillet 1904.
Beau-fils du Maréchal, ce dernier épousa en 1947 Odette Bernheim-Stern, mère d’un fils issu d’une première alliance — à savoir Philippe Gompertz.
Citation extraite de la page 70 de l’ouvrage de Joseph Simon, à savoir: « Pétain, mon prisonnier » (paru aux éditions Plon).
Lorsqu’il reçut son bâton de Maréchal des mains de Poincaré, le natif de Cauchy-la-Tour envisagea dans un premier temps d’épouser une aristocrate, du nom de Jacqueline de Coniac (veuve Castex).
En concurrence avec Annie, il renonça finalement à celle-ci pour s’engager avec son amour de jeunesse.
Les deux emménagèrent ensuite dans le VIIème, au second étage du 8 square de la Tour-Maubourg ; sans jamais partager les mêmes appartements.

(© Capture d’écran | Source gallica.bnf.fr / BnF | Juvénal : pamphlétaire hebdomadaire | Date: 3 juillet 1948)
En effet, chacun avait son propre espace avec un salon mitoyen pour se retrouver à l’occasion.
Une configuration qui avait interloqué le geôlier de l’ex-Président vichyssois sur l’Île d’Yeu, Joseph Simon.
Page 78 du livre de Joseph Simon. Cette « folle nuit d’amour » s’est déroulée au cours de la période vichyssoise en 1942.
Celui-ci avait d’ailleurs constaté — dans son journal de bord paru à titre posthume — que le couple Pétain faisait aussi « chambre à part » sur le plan fiscal et administratif.
De 1945 à 1951, il fut le témoin privilégié de cette relation mi-fusionnelle, mi-conflictuelle de ce « drôle de ménage » ; comme il aimait parfois à le qualifier (non sans ironie).

(© Capture d’écran | Source gallica.bnf.fr / BnF | Radar : le tour du monde en 150 images | Date: 4 juin 1950)
Relatant parfois des anecdotes d’anciennes amantes qui venaient le visiter au Fort de la Pierre-Levée en guise de dernier hommage…
Ce qui ne manquait pas de susciter la furiosité de la Maréchale, éternelle cocue de cette affaire matrimoniale.
Quand Joseph Simon, page 176, évoque (sans les nommer) le mariage de Pierre de Hérain avec Odette Bernheim-Stern.
Le chefaillon vichyste aimait les femmes au pluriel, et non au singulier.
Parfois, il lui arrivait même de se demander pourquoi il avait fait l’erreur du couple au début des années 1920…
(© Capture d’écran | Source gallica.bnf.fr / BnF | Point de vue | Date: 17 janvier 1946)
Lui qui était davantage coutumier du trouple.
En effet, page 200, une anecdote relatée par le geôlier ogien révèle la nature volcanique de leur relation hors du commun.
Il est dommage que les « pétainologues » soient peu enclins à partager ces anecdotes de vie dans leurs biographies respectives.
Si tenté que la « pétainologie » soit une science exacte…

(© Capture d’écran | Source gallica.bnf.fr / BnF | Nuit et jour : le grand hebdomadaire illustré | Directeur Pierre Roux | Date: 6 juin 1946)
Dans la foulée de la publication de ce livre à la tonalité sulfureuse, Maître Jacques Isorni — l’avocat maréchaliste du procès de 1945 — publia une longue réponse pour livrer ses vérités.



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