Portrait de Charlotte Mesnard-Léon, la petite-fille oubliée de Napoléon Ier
Descendante d’un Empereur, Charlotte Mesnard-Léon est passée la postérité pour sa filiation avec le Comte Charles Léon, fils (non-reconnu) de Napoléon.
Ce dernier a vu le jour le samedi 13 décembre 1806, fruit de la liaison de sa mère — Éléonore Denuelle de la Plaigne — avec le vainqueur d’Austerlitz.
- Interlude béarnais: La prestigieuse ascendance nobiliaire de Frédéric Beigbeder
Une Dame à particule qui aurait probablement voulu damer le pion à l’Impératrice Joséphine, mais qui demeura au rang d’une Montespan.
Loin des lumières de la Cour impériale, c’est clandestinement qu’elle a offert à Bonaparte quelques tendresses horizontales.








(© Capture d’écran | Source gallica.bnf.fr / BnF | Vu : journal de la semaine | Date: 26 février 1930)
Les conquêtes du natif d’Ajaccio se comptèrent en plusieurs dizaines: lui qui fut initié à la chose par une Bretonne aux abords du Palais-Royal, un soir de novembre 1787.
Lorsqu’il s’auto-couronna à Notre-Dame, tous les sujets féminins de son Empire rêvaient peut-être de croiser son chemin… Au moins le temps d’une soirée.
- Intermède dynastique: Que reste t-il de l’héritage (patrimonial) de Pétain suite à sa condamnation de 1945 ?
Hélas pour sa dynastie, il n’y a pas eu d’Empereur Napoléon II suite à la déroute de Waterloo.
Exilé à Sainte-Hélène, son héritier — issu de son remariage avec Marie-Louise d’Autriche — succomba précocement à l’âge de 21 ans dans son lit, le dimanche 22 juillet 1832.

La descendance du Comte Léon s’étend sur plusieurs générations. Charlotte Mesnard-Léon a vu le jour le jeudi 17 janvier 1867 sur l’Île-Saint-Denis. Sa petite-fille — Colette — a épousé Albert Richard Tillie, le samedi 10 juillet 1948, à Le Plessis-Robinson. Le divorce fut prononcé 24 ans plus tard, le lundi 2 avril 1973. Quatre filles sont alors nées de cette union: Patricia (en 1949), Yannick (en 1951), Isabelle et Marie-Josée (en 1954).
Mais l’Histoire étant parfois espiègle, c’est son neveu — fils de Louis Bonaparte — qui remonta plus tard sur le trône familial en 1852, après s’être fait élire Président de la Seconde République en 1848.
Ce dernier a lui aussi fini déchu lors de sa capture à Sedan, avant de finir sa vie en exil à Londres.

(© Capture d’écran | Source gallica.bnf.fr / BnF | Le Populaire d’Indochine. Hebdomadaire politique et littéraire du dimanche | Date: 12 août 1937)
Un atavisme ô combien bonapartiste: conquérir pour mieux s’exiler.
Sachant qu’un autre Aiglon (moins connu) aurait pu — dans un scénario uchronique — connaître un destin analogue.
Premier fils biologique de Son Altesse Impériale, le Comte Charles Léon avait initialement tout du successeur idéal.
Mais son sang bleu n’a pas pesé bien lourd suite à la venue au monde de son demi-frère, fruit de son union avec l’Autrichienne.

(© Capture d’écran | Source gallica.bnf.fr / BnF | J’ai vu… : illustré paraissant tous les jeudis | Date: 1er mars 1919)
Délaissé par sa mère, éloigné du père, il a traversé le XIXème siècle comme un fantôme au visage napoléonien.
Doté d’une ressemblance frappante avec le vainqueur d’Ulm, il aurait sans doute aspiré à emprunter le même chemin de gloire que ce dernier.





(© Capture d’écran | Source gallica.bnf.fr / BnF | Ici Paris : grand hebdomadaire d’actualités et d’informations | Directeur: Henri de Montfort | Rédacteur en chef: Gabriel Perreux | Date: 14 mai 1946)
Hélas, Dame Fortune en a décidé autrement, préférant tendre la main à son cousin.
Néanmoins, il n’a pas délaissé le devoir de postérité pour autant: marié à une couturière — du nom de Françoise Jonet — il a donné six enfants à la cause bonapartiste.
(© Capture d’écran | Source gallica.bnf.fr / BnF | L’Ouest-Éclair : journal quotidien d’informations, politique, littéraire, commercial | Date: 15 janvier 1930)
Et c’est la benjamine — Charlotte Léon — qui prolongea sa descendance suite à son mariage avec Armand Mesnard, au sein de la commune algérienne d’El Abadia — autrefois appelée Carnot — le samedi 3 août 1895.
C’est donc en plein coeur de la wilaya d’Aïn Delta que cette union se noua, territoire sous coupole française depuis 1830.
(© Capture d’écran | Source gallica.bnf.fr / BnF | La Vigie marocaine | Date: 9 mai 1946)
Deux enfants en découlèrent: un fils — Daniel — qui naquit le 25 août 1896 à Sérignan — dans l’Hérault — avant d’expier à l’âge de 20 ans au fort de La Pompelle, en pleine Première Guerre mondiale.
Et une fille — Léone — qui vit le jour le mardi 18 avril 1899 à Vitz-sur-Authie — dans la Somme — et qui épousa Ulysse Repiquet, le jeudi 31 mars 1921 à Paris, avec Marie Bonaparte comme témoin.
Au cours de son séjour sur la terre de l’Émir Abd-el-Kader, Madame Mesnard-Léon enseignait le français aux autochtones. Elle oeuvrait donc, à son niveau, à la francisation du pays. (© Capture d’écran | Source gallica.bnf.fr / BnF | La Revue : ancienne Revue des revues | Date: 1er janvier 1901)



(© Capture d’écran | Source gallica.bnf.fr / BnF | L’Écho d’Oran | Date: 23 avril 1921)
L’année suivante, Colette Repiquet — arrière-arrière-petite-fille du père du Code Civil — est née dans le Vème arrondissement parisien.
Plus de deux décennies plus tard, la grand-mère de cette dernière, s’éteignit dans les Hauts-de-Seine, à Le Plessis-Robinson, le jeudi 25 avril 1946.
(© Capture d’écran | Source gallica.bnf.fr / BnF | Figaro : journal non politique | Date: 27 avril 1946)
La nouvelle de son expiation ne fit pas les gros titres de la presse de l’après-guerre.

(© Capture d’écran | Source gallica.bnf.fr / BnF | Les Ondes : l’hebdomadaire de la radio | Date: 5 septembre 1943)
Tout juste a t-elle eu droit à un petit paragraphe rappelant son illustre ascendance…
(© Capture d’écran | Source gallica.bnf.fr / BnF | Les Dernières nouvelles de Strasbourg | Date: 15 janvier 1930)
(© Capture d’écran | Source gallica.bnf.fr / BnF | Images | Date: 2 février 1930)
Pourtant, la presse du XXème siècle s’est continuellement intéressée à sa trajectoire de vie sinusoïdale.
(© Capture d’écran | Source gallica.bnf.fr / BnF | Le Petit Parisien : journal quotidien du soir | Date: 22 avril 1921)
Comme la relique vivante d’une France autrefois glorieuse et conquérante.
Elle a su honorer avec dignité la mémoire de son aïeul, bien qu’elle ne l’ait jamais rencontré.
L’héritage qu’elle laisse derrière elle est donc essentiellement mémoriel.
Chaînon d’une lignée prestigieuse qui s’est prolongée bien après son dernier souffle.


