Pétain et les femmes: d'Annie à Odette (sans oublier Jacqueline)

Les femmes ? Pétain ne les aimait qu’au pluriel.

Grand philogyne, il avait aussi un très grand cœur pour pouvoir en mettre plein dedans.

Certains pétainocrates aspiraient d’ailleurs à le canoniser pour immortaliser une sainteté qui restait à démontrer…

Tant il fut loin, très loin, d’un mode de vie monacal.

Saint Pétain, Vichy, 1945

Carte de la France en 1945(© Capture d’écran | Source gallica.bnf.fr / BnF | Clartés : l’hebdomadaire de combat pour la résistance et la démocratie | Directeur: Jean Texcier ; Directeur politique: Georges Izard | Date: 20 juillet 1945)

À Verdun, il ne manquait pas de « bicher » entre deux assauts.

Preuve de sa vitalité à l’horizontale, pour une homme qui fut — probablement à tort — qualifié de grenouille de bénitier par certains de ses détracteurs.

Pour rappel, il ne s’est même pas déplacé à son mariage religieux — le vendredi 7 mars 1941 — dans la chapelle privée de l’archevêque de Paris, Monseigneur Suhard.

Une simple procuration ayant suffi pour matérialiser sa présence…

À défaut d’avoir une descendance, il peut au moins se targuer d’avoir un tableau de chasse — tant le gibier fut abondant au cours de ses « battues ».

Voici donc un classement des trois personnalités les plus marquantes de son sacerdoce d’homme à femmes.

(la seconde devint son héritière sans pour autant être une descendante directe)

Eugénie de Hérain (née Hardon)

Maréchal Pétain, France Actualités, Juin 1944(© Capture d’écran Ina.fr | Producteur: France Actualité | Date: 1er juin 1944)

Surnommée « Annie » — même si elle préférait « Nini » — elle est l’épaule sur laquelle pouvait se reposer le locataire de l’Hôtel du Parc sous l’occupation.

Rencontrée à l’âge de 25 ans alors qu’il était en permission à Menton, alors qu’elle en avait que 5, il l’a épousée en septembre 1920 à Paris.

Elle reçut ainsi le titre honorifique de « Madame la Maréchale », lui qui fut maréchalisé deux ans plus tôt, en 1918.

Obsèques de Pétain, Port Joinville, 1951(© Capture d’écran | Source gallica.bnf.fr / BnF | Ce soir : grand quotidien d’information indépendant | Directeur: Louis Aragon ; Directeur: Jean Richard Bloch | Date: 25 juillet 1951)

Appellation qui trône fièrement sur sa sépulture du cimetière du Montparnasse, à la XXIXème division.

Compagne des jours glorieux, elle le fut aussi lors des jours piteux.

Jamais elle ne l’a abandonné, y compris le jour de sa condamnation pour indignité nationale, le mercredi 15 août 1945.

Légataire universelle de son mari, suite au testament de Montrouge du samedi 21 juillet 1945, elle devint son héritière le lundi 23 juillet 1951.

C’est son fils unique — Pierre de Hérain — qui hérita d’elle en janvier 1962, au moment de son décès.

Odette de Hérain (née Stern)

Philippe et Annie Pétain, 1945

Épouse du Maréchal Pétain, août 1945(© Capture d’écran | Source gallica.bnf.fr / BnF | L’Humanité : journal socialiste quotidien | Date: 19 août 1945)

Ce dernier avait d’ailleurs épousé une certaine Odette Bernheim-Stern, en juin 1947, à la mairie du XVIème arrondissement de Paris.

Fille d’Alfred Edouard Stern, elle se fit adopter par sa tante en 1938 (veuve Bernheim).

Mariée une première fois en janvier 1925 avec Robert Gompertz, un fils unique naquit de cette union, en juillet 1931.

Répondant du nom de Philippe, il aurait pu — lui aussi — devenir un héritier du vainqueur de Verdun, sachant que sa mère le devint en septembre 1972, à l’expiation de son mari.

Mais il opta finalement pour un auto-déshéritage.

Jamais il ne prit la parole au sujet de ce beau-grand-père par alliance.

Depuis novembre 2016, il repose — auprès de Madame Pétain — à la sépulture de la famille Hardon.

Jacqueline de Castex (née Coniac)

Dame Pétain, gare d'Étaples, 1920

Maîtresse de Pétain, 1920(© Capture d’écran | Source gallica.bnf.fr / BnF | Journal de Montreuil et de l’arrondissement  | Date: 25 avril 1920)

Si les uchronies pétainistes pouvaient exister, elle serait probablement devenue Jacqueline Pétain à la place de Nini.

Hélas pour cette aristocrate de naissance, le sort en a voulu autrement.

Admiratrice de Pétain, réunion électorale, 1946(© Capture d’écran | Source gallica.bnf.fr / BnF | Le Berry républicain | Date: 3 juillet 1946)

Lorsque son mari — le saint-cyrien Hubert de Castex — succomba au front en octobre 1917, elle devint la maîtresse du Général Pétain.

Un réconfort qui lui permit de passer cet hiver sentimental au chaud.

Grande rivale de Madame Hardon, elle se fit braquer par un revolver quand cette dernière aspirait à occuper le titre d’épouse en chef du sauveur de la France.

Une opiniâtreté qui lui fut fatale, puisqu’elle dût rompre sa liaison clandestine.

Admiratrice de Pétain, 1945(© Capture d’écran | Source gallica.bnf.fr / BnF | Écho du Centre | Date: 28 avril 1945)

Au final, la plus importante — parmi toutes celles qui viennent d’être citées — n’est-elle pas sa mère ? Clotilde Alexandrine Legrand.

Même si le Président vichyssois n’était pas très famille, ça reste celle qui l’a fait naître un jeudi 24 avril 1856 à Cauchy-la-Tour. 

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