Émilia de Sacco, le "dernier coup" de Spaggiari
Artiste inégalé du braquage, Albert Spaggiari est sorti de l’anonymat pour rentrer dans la légende aux côtés de sa moitié, Émilia de Sacco.
Discrète mais non moins importante, elle fut la compagne des jours piteux, ceux de la traversée du désert après le casse de Nice, celui du dimanche 18 juillet 1976.
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Figure populaire, ce gangster hors pair a su charmer son monde en pillant les coffres d’une banque de prestige sans tirer le moindre coup de feu.
Personnage haut en couleur, son premier mariage s’est déroulé à Dakar, le mardi 27 janvier 1959.
(© Capture d’écran Ina.fr | Côte d’Azur Actualités | Date: 21 avril 1977)
L’heureuse élue ? Une certaine Marcelle Joséphine Audi-Grivetta.
C’est d’ailleurs la seule qui fut enregistrée en tant qu’épouse à l’état civil.
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Les autres ont quant à elles vécu un amour clandestin (sans jamais être chagrin).
Le divorce fut conclu dans le dernier chapitre de sa vie, le jeudi 23 mai 1985, au Tribunal de Grande Instance de Grasse, dans les Alpes Maritimes.
Albert Romain Spaggiari est né à Laragne-Montéglin, le mercredi 14 décembre 1932. Sa dernière femme, Émilia, est citée à trois reprises sur sa page Wikipédia. Aucune descendance n’est mentionnée dans ses différentes biographies. Il n’a donc pas eu d’enfants.
Quatre ans plus tard, le samedi 10 juin 1989, il expia dans les bras d’Émilia, au sein d’une ferme italienne de Belluno, avant d’être ramené en catimini à Hyères par cette dernière.
Une épaule solide sur laquelle il a toujours pu se reposer.
Avant de lâcher son dernier souffle, les deux furent unis religieusement par un abbé traditionaliste, un certain Philippe Laguérie.
Dans le film « Sans arme, ni haine, violence », Spaggiari est interprété par Jean-Paul Rouve. Et c’est l’actrice Alice Taglioni qui joue sa compagne. (© Capture d’écran | Chaîne de Mars Films sur YouTube | Date: 18 août 2016)
Jusqu’au crépuscule de son existence, elle fut là, jamais elle ne l’abandonna.
Témoin des derniers feux d’un mythe qui pesa 46 millions de francs.
(© Capture d’écran | Source gallica.bnf.fr / BnF | Hérodote : stratégies, géographies, idéologies | Dir.-gérant Yves Lacoste | Date: 1er janvier 1996)
Une fortune considérable qui ne l’a pas empêché de terminer très chichement son sacerdoce.
Loin des coupes de Ruinart, presque ruiné, sa cavale n’a pas toujours été un chemin de roses parfumé à l’orangé.
Âgé de 56 ans au moment de son départ, il ne put léguer quoi que ce soit à quiconque.
(© Capture d’écran | Source gallica.bnf.fr / BnF | Papilles | Association des bibliothèques gourmandes | dir. publ: Jacques Kériguy | Date: 1er décembre 2007)
Et pour cause: son escarcelle était vide.
Fauché, malade, isolé du grand monde: il a fini éreinté par douze années de cavale.
(© Capture d’écran du documentaire Spécial Investigation sur Canal+: « Albert Spaggiari : mythe… ou mytho » | Réalisateur: Jean-Philippe Belzacki et Ludovic Féry | Chaîne de Révolutions sur YouTube | Date: 7 septembre 2016)
Madame de Sacco, en infirmière improvisée, a donc tenté de panser ses multiples souffrances.
L’année suivante, en 1990, elle se confia au Figaro Magazine pour décrire avec ses mots l’homme qui se cachait derrière le braqueur le plus renommé du XXème siècle.
Un portrait intime qui marqua les esprits, et qui fut même cité dans le journal intime de Marc-Édouard Nabe.
Un butin mémoriel qui vaut son pesant d’or.
Sa tombe est aujourd’hui située dans le cimetière de sa ville natale, à Laragne-Montéglin, dans les Hautes-Alpes.
(© Capture d’écran | Source gallica.bnf.fr / BnF | Les égouts du paradis : sans haine, sans violence et sans arme | Auteur: Albert Spaggiari)
Bien que son souhait initial fut l’incinération dans l’optique d’être dispersé à l’air libre.
Et non « incarcéré » ad vitam æternam entre quatre planches.
(© Capture d’écran | Source gallica.bnf.fr / BnF | La nouvelle droite : le dossier du procès | Textes réunis et présentés par: Julien Brunn)
Car la liberté était sa seule patrie.
« Libertas Patria Nostra » aurait pu être sa devise.


